En Corée du Sud, les parents qui ne paient pas la pension alimentaire sont affichés publiquement
En France, quand une pension alimentaire n’est pas versée, le parcours peut vite devenir un labyrinthe administratif. Relances, procédures, délais, fatigue morale. En Corée du Sud, certains ont choisi une méthode radicalement différente : afficher publiquement l’identité des parents mauvais payeurs. Oui, avec photo, nom, ville et parfois même des informations très précises sur leur lieu de résidence.

Le principe du “name and shame”
Le concept s’inspire du “name and shame” (nommer et dénoncer) souvent utilisé pour pointer du doigt des entreprises aux pratiques douteuses. En Corée du Sud, ce principe s’applique aussi aux parents qui ne s’acquittent pas de leur pension alimentaire.
Le site, aujourd’hui appelé Right of Child (“le droit de l’enfant”), permet à des parents, majoritairement des mères, qui ne parviennent pas à obtenir le paiement de la pension après un divorce, de soumettre leur dossier. Si l’équipe du site juge la demande recevable, le parent débiteur est alors affiché publiquement.
Sur la plateforme, des pages entières de photos apparaissent. Ce sont essentiellement des hommes. Chaque profil mentionne le nom, l’année de naissance, la ville de résidence et parfois des informations très détaillées. L’identité reste visible tant que la dette n’est pas intégralement réglée.
Une méthode controversée
Ce site n’est pas nouveau. Il existait auparavant sous le nom de “Bad Fathers”, mais avait dû fermer temporairement après plusieurs plaintes pour atteinte à la vie privée, notamment lorsque des personnalités publiques avaient été épinglées.
Ses responsables affirment avoir contribué à résoudre plus de 1 200 situations financières entre parents séparés. Ils défendent leur démarche comme un moyen de pression face à l’inefficacité des procédures classiques et comme une manière de replacer le droit de l’enfant au centre.
La réouverture du site en 2026 marque une nouvelle étape : ses créateurs souhaitent pousser le gouvernement à agir plus fermement.
L’État sud-coréen passe aussi à l’action
Face au phénomène, le gouvernement de Séoul a lui aussi mis en place un système de dénonciation publique, mais encadré. Les très mauvais payeurs, ceux qui résistent à toutes les contraintes légales, voient leurs noms publiés sur une liste officielle du ministère de la Famille. Sans photo cette fois.
Des sanctions administratives peuvent également être appliquées : interdiction de voyager à l’étranger, suspension du permis de conduire… Ces mesures ne sont levées qu’une fois la dette entièrement réglée.
Une question qui dépasse la Corée
La pension alimentaire n’est pas un “bonus”, ni une faveur. Elle participe aux dépenses quotidiennes de l’enfant : logement, alimentation, scolarité, vêtements, loisirs. Quand elle n’est pas versée, c’est souvent le parent qui a la garde principale, majoritairement la mère, qui absorbe seule le manque.
Faut-il exposer publiquement les mauvais payeurs pour faire respecter les décisions de justice ? Ou le risque d’atteinte à la vie privée dépasse-t-il l’enjeu ?
La question divise, mais une chose est certaine : derrière ces débats, il y a des familles, des enfants, et des mères qui se battent pour faire appliquer un droit pourtant reconnu.
Et si on tentait de faire ça aussi en France les Solos ? 😏