En Chine, des mères solos choisissent la colocation pour recréer une famille autrement
Face au coût de la vie, à la solitude et à la pression d’un quotidien parfois trop lourd à porter seule, de plus en plus de mères célibataires chinoises décident de vivre ensemble. Une manière d’alléger la charge, de partager les rires et les galères, mais surtout de recréer un cocon — à leur façon.

En Chine, on compte près de 30 millions de mères solos. Et dans un pays où la réussite scolaire et la stabilité financière sont des piliers, ces femmes se retrouvent souvent isolées après une séparation.
Mais certaines refusent de subir. Elles inventent un nouveau modèle : la colocation entre mamans solos.
À Hefei, près de Shanghai, Li Huan, 35 ans, vit depuis deux ans avec sa meilleure amie, elle aussi mère célibataire. Elles élèvent ensemble leurs enfants, un garçon de 9 ans et une fille du même âge, et partagent bien plus qu’un toit.
« On s’entraide, on s’écoute, on rit beaucoup. C’est devenu une vraie famille », confie Li.
L’une travaille à temps plein, l’autre à temps partiel : elles s’organisent, se complètent, et trouvent ensemble l’équilibre qu’elles cherchaient. Le week-end, elles sortent au parc, cuisinent, laissent les enfants jouer... bref, elles vivent.
« Nos vies sont plus riches, plus légères. Ce que nous avons recréé, beaucoup de familles traditionnelles ne le connaissent plus », raconte-t-elle.
Le phénomène prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux chinois, où des groupes d’entraide entre mères seules se multiplient. Certaines s’y rencontrent, d’autres y trouvent une coloc, parfois même une nouvelle meilleure amie.
À Yantai, Heidi, 38 ans, mère de deux garçons, a posté un message pour chercher une colocataire. Résultat : trente réponses, un groupe de huit femmes et un lien fort né de leurs échanges.
« Ce n’est pas tant l’argent que la solitude qui pèse. Ce genre d’entraide, c’est 70 % d’émotion et 30 % de finances », explique-t-elle.
Son rêve : vivre avec une autre mère solo partageant les mêmes valeurs et, pourquoi pas, créer un projet commun.
Ces “familles choisies” bousculent les codes dans une société encore très marquée par le modèle patriarcal. Selon le chercheur Du Shichao de l’Université Fudan, ces foyers “coopératifs et solidaires” incarnent une nouvelle manière de penser la famille : plus libre, plus pragmatique, plus humaine.
Li Huan, elle, n’envisage pas de changer de vie. « On se soutient, on s’aime comme une famille. Tant qu’on pourra, on continuera. »
Et elle ajoute : « Aux mères seules, je veux dire : ne restez pas isolées. Parlez, demandez de l’aide. On est plus fortes ensemble. »
Les mamans solos françaises aussi se mettent à la coloc, découvrez l'histoire de Laury dans le podcast HelloSolos.
Go faire des colocs les Solos !